jeudi 24 septembre 2009

Non.

Mon silence n'est pas un caprice, non.

Je ne fais pas non plus de grève idiote, qui plongerait la société toute entière dans un embarras profond, afin qu'Elise Lucet se sente forcée de faire de moi l'« Invitée des cinq dernières minutes ».

Non, non.

Je pourrais, penserez-vous, m'être coupé huit doigts sur dix dans un malheureux accident de cuillère à soupe (qui, comme chacun s'accorde secrètement à le reconnaître, sont parfois plus perfides encore que les ouvre-boîtes).
Mais non, vous voyez bien qu'ils sont toujours là. (Depuis la pub qui affirme que « pour mettre un tampon Nett, on a besoin d'ses doigts », j'y fais particulièrement attention).
La vraie raison de cette absentéisme de Greluche, c'est tout simplement un passage dans une nouvelle dimension.

Celui-ci a eu lieu la semaine dernière, un mardi, alors que les marteaux piqueurs d'en face me réveillaient au son de leur doux ronron aux environs de, disons beaucoup trop tôt. La GreuGreu grogne. Son nez collé à la fenêtre s'insurge, grimace copieusement au trottoir d'en face sur lequel s'acharnent ses ennemis en vert (« Nous avons les moyens de vous faire parler », disent-ils derrière leur écriteau « Travaux ».).
Puis le vacarme cesse, et l'un de mes deux yeux décide de se rendormir.

Midi.
Un pied frémit, hésite à se poser par terre en cette journée de vacances, se lance. Allons voir ce que racontent les rues parisiennes aujourd'hui. Mon portable vibrrrre, je le consulte et fronce les sourcils sur un numéro inconnu. Je ne décroche ja-mais aux numéros inconnus. Le vibrrrrement cesse, un temps, puis – brrrrr – un message vocal.

888.

Vous avez – un – nouveau message.



« Bonjour, ici la responsable du Master pro édition, vous êtes première sur liste d'attente, et il y a eu un désistement, dites-moi si vous êtes toujours intéressée par la formation. Rapidement. La réunion de rentrée a lieu... à 15 heures. »

  Gloub

Voilà, je suis passée dans une nouvelle dimension.

 

Ahurie, déconfite, tirée de mes vacances, je saute dans mes baskets et convainc mes orteils de sortir de leur torpeur. J'assiste à la réunion de rentrée, puis à la remise des diplômes – surréaliste... - de master 2 parfaitement inconnus, avant de siroter du champagne à leur réussite. On me distribue mon emploi du temps, on me promets un avenir brillant, on me congratule, on échange avec moi des sourires complices de collègues de travail. Tout cela, bien évidemment, suite à un entretien hasardeux de début septembre que j'avais décidé d'enfouir sagement dans les limbes de l'oubli après l'avoir jugé désastreux.

En me couchant ce soir-là, je me suis demandé si les types en verts n'y étaient pas pour quelque chose.

Alien


Posté par Polate à 10:17 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Non.

    Pas de nouvelles, bonne nouvelle

    Posté par Bidule200, lundi 28 septembre 2009 à 15:55 | | Répondre
  • Wouhou !

    Posté par lys, jeudi 1 octobre 2009 à 17:46 | | Répondre
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